Longtemps l’égérie de la marque Sarkozy, Rachida Dati connaît aujourd’hui la disgrâce. Alors qu’on a appris ces jours-ci sa volonté d’accepter de se présenter aux élections européennes de juin prochain sur la liste d’Ile de France, suite au refus de Rama Yade. Pour tout remerciement de ses efforts, Nicolas Sarkozy lui donna le deuxième rang. Les français ne l’apprécient plus, elle dégringole dans les sondages, elle agace l’ensemble des professions judiciaires et juridiques par ses réformes, ses conseillers et les membres de son cabinet claquent la porte les uns après les autres. Longtemps portée aux nues, le joker Dati, symbole voulu et assumé d’une diversité, ne suffit plus. Elle se retrouve écartée du G7 des chouchous de la présidence. Le secrétaire général de L’Élysée ,Claude Guéant, conseille à Nicolas Sarkozy de se détacher plus doucement, prudemment même de se symbole. Rachida Dati tête de turc, peut-être. Mais le président de la république entend bien se débarrasser de se poids mort alors qu’il remonte dans les sondages à grand coup de voeux présidentiels, d’enveloppes budgétaires, d’hyper-présence médiatique ainsi qu’à sa prise en main des dossiers, aussi infimes soient ils.
Se voir proposer la tête de liste aux élections européennes n’est pas chose anodine et plus particulièrement aujourd’hui. La France, au sein d’une institution encore souffrante, entend conserver son rôle de moteur insufflé par 6 mois intense de présidence française de l’UE, la présidence Tchèque tardant à se mettre en route. Nicolas Sarkozy a désigné lui-même, avec Brice Hortefeux qui est responsable des élections européennes pour l’UMP, les candidats de la majorité. Ils ont choisi des personnes connues au niveau national, fortes, étant capables de mener une liste, des personnes dans lesquelles les gens ont confiance ou en tout cas envers lesquelles ils n’ont pas d’empathie, et présentant un ancrage européen pour porter à bien cette mission. Michel Barnier, dont on ne peut qu’apprécier les convictions et l’engagement européen, se révèle être un meilleur candidat pour la liste d’Ile de France selon les conseillers de l’Élysée: “En notoriété, il est devant, mais en intentions de vote, il la bat de 3 points". Il démissionnera en mai du ministère de l’agriculture et de la pêche pour se consacrer pleinement à la campagne alors que Rachida Dati dit vouloir quitter son poste de garde des seaux une fois élue. Pour le président, la place des élus est à Strasbourg.
Comme on dit, loin des yeux, loin du coeur.PM
23/01/09
