mardi 27 janvier 2009

Rachi Dati reléguée


Longtemps l’égérie de la marque Sarkozy, Rachida Dati connaît aujourd’hui la disgrâce. Alors qu’on a appris ces jours-ci sa volonté d’accepter de se présenter aux élections européennes de juin prochain sur la liste d’Ile de France, suite au refus de Rama Yade. Pour tout remerciement de ses efforts, Nicolas Sarkozy lui donna le deuxième rang. Les français ne l’apprécient plus, elle dégringole dans les sondages, elle agace l’ensemble des professions judiciaires et juridiques par ses réformes, ses conseillers et les membres de son cabinet claquent la porte les uns après les autres. Longtemps portée aux nues, le joker Dati, symbole voulu et assumé d’une diversité, ne suffit plus. Elle se retrouve écartée du G7 des chouchous de la présidence. Le secrétaire général de L’Élysée ,Claude Guéant, conseille à Nicolas Sarkozy de se détacher plus doucement, prudemment même de se symbole. Rachida Dati tête de turc, peut-être. Mais le président de la république entend bien se débarrasser de se poids mort alors qu’il remonte dans les sondages à grand coup de voeux présidentiels, d’enveloppes budgétaires, d’hyper-présence médiatique ainsi qu’à sa prise en main des dossiers, aussi infimes soient ils.
Se voir proposer la tête de liste aux élections européennes n’est pas chose anodine et plus particulièrement aujourd’hui. La France, au sein d’une institution encore souffrante, entend conserver son rôle de moteur insufflé par 6 mois intense de présidence française de l’UE, la présidence Tchèque tardant à se mettre en route. Nicolas Sarkozy a désigné lui-même, avec Brice Hortefeux qui est responsable des élections européennes pour l’UMP, les candidats de la majorité. Ils ont choisi des personnes connues au niveau national, fortes, étant capables de mener une liste, des personnes dans lesquelles les gens ont confiance ou en tout cas envers lesquelles ils n’ont pas d’empathie, et présentant un ancrage européen pour porter à bien cette mission. Michel Barnier, dont on ne peut qu’apprécier les convictions et l’engagement européen, se révèle être un meilleur candidat pour la liste d’Ile de France selon les conseillers de l’Élysée: “En notoriété, il est devant, mais en intentions de vote, il la bat de 3 points". Il démissionnera en mai du ministère de l’agriculture et de la pêche pour se consacrer pleinement à la campagne alors que Rachida Dati dit vouloir quitter son poste de garde des seaux une fois élue. Pour le président, la place des élus est à Strasbourg. 
Comme on dit, loin des yeux, loin du coeur.

PM

23/01/09

dimanche 25 janvier 2009

Le coût réel des reconduites à la frontière




Avec l’arrivée de Nicolas Sarkozy à la Présidence de la république, la politique d’immigration française s’est durcie et la purge a été engagée. Dans sa lettre de mission, Nicolas Sarkozy exhorte l’ancien ministre de l’immigration et de l’identité nationale, Brice Hortefeux de prendre “ les dispositions nécessaires pour simplifier considérablement d’éloignement “ et de se fixer “ des objectifs exigeants en termes de reconduite à la frontière ”. C’est la première fois que l’immigration française se donnait des objectifs chiffrés de reconduites à la frontière. Mais n’ est on pas en droit de se demander combien coûtent ces reconduites à la frontière?

Au regard de la loi de finance pour l’année 2009, le gouvernement veut se donner les moyens de poursuivre sa politique de lutte contre l’immigration illégale. De ce fait, il souhaite faire passer un message fort dans et hors de nos frontière. Selon M. Hortefeux : “ Quand une autorité dit : “ Attention, si vous venez sans y être autorisé, sans respecter notre législation, cela risque de mal se passer ”, le message est inaudible. Mais si elle dit : “Si vous venez sans nous demander l’autorisation, 25 000 d’entre vous repartiront ”, alors, le message est compris ; non seulement ici, mais aussi dans les pays d’origine ”. Pour mémoire, l’objectif pour 2008 était de 26.000 reconduites pour 29.799 effectuées selon les chiffres de la police. L’objectif pour 2009 est déjà fixé à 30.000.

Au total, 80,8 millions d’euros sont prévus pour les 30.000 expulsions au calendrier de l’année 2009, dont 42 millions d’euros pour le billet retour avec un coût moyen élevé de 2200 euros par reconduite et 28,8 millions d’euros pour le seul fonctionnement des 2030 centres de rétention administrative gérés par la police et la gendarmerie.

Mais à cela il faut ajouter l’escorte, la sécurité et les fonctionnaires fournis par la gendarmerie et la police. La gendarmerie assure 18% de la présence et 82% pour la police pour un coût d’environ 334,4 millions selon le rapport général du projet de loi de finance pour 2009.

Une fois tout additionner, le coût réel est de l’ordre de 415,2 millions d’euros soit environ 20.970 euros par personne et par reconduite à la frontière. A contrario, le budget de l’Agence Nationale d’Accueil des Étrangers et des Migrations (ANAEM), organisme pivot en matière d’aide à l’intégration des migrants légaux a vu son budget passé de 43,5 à 15 millions d’euros.


PM
17/01/09